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L'Aqua La Pietra
Inspirée du roman mythologique de Roberto Calasso, "Les noces de Cadmos et Harmonie", L’Aqua la Pietra se présente comme un événement visuel dans lequel la danse, la vidéo, la sculpture, le texte, et les lumières forment un pas de six.
A l’intérieur de la boîte noire qu’est le théâtre, sept vidéos sont projetées sur un écran mobile ; chorégraphie essentielle qui filme l’intime relation entre l’homme et la nature.
Le spectacle est un lieu aux formes émotionnelles, apparitions cycliques, présences et absences, suspendues au rythme de la lumière et de l’ombre, de l’obscurité et de la couleur.
Production : Hexagone Scène Nationale de Meylan, Centre Culturel Pablo Picasso de Blénod-les-Pont-à-Mousson Chorégraphie : Gaetano Battezzato, Marina Blandini Réalisation vidéo : Gaetano Battezzato, Marina Blandini Interprètes : Gaetano Battezzato, Sandra De Grandi, Hilmar Pintaldi, Stéphane Bourgeois Musique : Joël Grare
Article de presse
"L'acqua la pietra" Des histoires qui s'entrelacent au gré de la lumière.
Créée en 1994 par Mani Marina BLANDINI et Gaetano BATTEZZATO, la Compagnie Teatri Del Vento s'est fait connaître grâce à "L'acqua la pietra" (1995).
Entretien avec la chorégraphe Mani Marina BLANDINI autour de l'élaboration et de la recréation de ce spectacle.
Le courrier Picard : Pour "L'acqua la pietra", le travail de votre compagnie s'articule autour d'un travail sur la vidéo, la danse, la sculpture, le texte, la musique, les lumières, l'imaginaire mythologique... Pourriez-vous nous parler de la genèse de ce spectacle ?
Mani Marina BLandini : "L'acqua la pietra" est née après une période de recherche extrêmement longue. On y a en effet consacré une année entière. Le point de départ du spectacle est une création vidéo. Sur scène, la présence de la vidéo est très forte, elle se marie à la danse, bien sûr, mais aussi à la musique vivante du compositeur, Joël GRARE. Le mélange des trois langages, vidéos, danse et musique, leurs relations créent un univers particulier.
Le thème de notre travail est celui de la mythologie comparée. Nous avons fais une étude sur les relations entre les mythologies de plusieurs époques, de plusieurs pays, et le spectacle s'en ressent, les histoires s'y entrelacent de façon plus associative que logique. En fait, la mythologie nous permet de parler des tensions humaines en général.
Pour refléter cette pluralité, nous avons choisi des interprètes de pays différents : une Américaine, un Suédois, Une Vénézuelienne, un Chinois, un Algérien, un Sicilien, un compositeur parisien, un créateur lumière de Montréal. Nous voulions prendre des gens de cultures différentes et les amener dans un lieu où l'essence de la mythologie grecque existe encore un peu, la Sicile.
Nous y avons donc amené les interprètes et avons filmé pendant plusieurs mois des actions chorégraphiques dans des lieux très symboliques en soi, comme des nécropoles grecques...
Le CP : Comment avez-vous travaillé ces images vidéo et comment les intégrez-vous au spectacle ?
MMB : Après avoir passé ces mois de recherches dans l'environnement, nous avons fait le montage vidéo au centre de création de Belfort.
Pendant cette période, le compositeur, Joël GRARE, est venu à plusieurs reprises. Et il a écrit la musique. Nous avons donc eu une composition images-musique. Une fois la vidéos terminée, nous avons été accueillis en résidence, à Milan, pendant deux mois et demi nous y avons créé la pièce chorégraphique.
"L'acqua la pietra" est un spectacle qui a demandé beaucoup d'énergie. Nous voulions amener notre recherche au fond de ses possibilités de produire quelque chose de sombre mais aussi d'extrêmement fort. D'ailleurs pour la vidéo, le défi était de couper car nous sommes partis de 70 heures d'images pour n'en retenir que quarante minutes. Ce montage vidéo est vraiment pour nous une chorégraphie d'images, par contre, la création sur scène s'est faite en liaison avec l'art plastique, en utilisant les corps comme des sculptures et le montage final du spectacle s'apparente à des peintures vivantes.
Le CP : Le spectacle que vous présentez jeudi soir est une reprise. L'avez-vous beaucoup retravaillé?
MMB : Oui même si la structure générale du spectacle reste la même. "L'acqua la pietra" a fait connaître la compagnie, mais il a très peu tourné. Cette proposition de reprise nous a d'abord surpris mais également beaucoup intéressés car c'est un spectacle auquel nous tenons et qui, même s'il a cinq ans, reste très actuel. Nous nous sommes donc remis au travail car un des danseurs a changé. Comme nous construisons la partition chorégraphique sur l'interprète, tous les solos de ce danseur ont donc été repris. Le fait de changer de personne dans l'équipe induit des modifications internes dans tout le spectacle.
De plus, il faut adapter le spectacle au lieu – chaque lieu à sa propre personnalité – et il a été bâti autour de l'idée d'une caverne, du concept de lumière. C'est la lumière, très précise spatialement parlant qui découvre des fragments d'histoires, les quitte pour en découvrir d'autres. Quand on les découvre, elles sont déjà commencées, et pas encore terminées lorsqu'on les quitte. L'utilisation de la vidéo est importante car elle nous permet de mettre en relation l'action du danseur sur scène et celle du danseur dans ces lieux hautement symboliques de la Sicile.
Elle offre la possibilité de ce pencher sur le monde inconnu, le monde de l'intérieur, de faire surgir des apparitions venues de là où l'inconscient vit dans l'ombre, dans la rêverie.
Le Courrier Picard , mercredi 31 mars 1999
Spectacle proposé par la compagnie Teatri Del Vento
"L'acqua la pietra" sera donné à la Maison de la Culture ce jeudi 1er avril à 20h30.
Propos recueillis par Joëlle ACOULON
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