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Métamorphoses
Inspirée de "l’Opera dei Pupi", théâtre de marionnettes en Sicile, Métamorphoses est un point de vue sur la condition humaine, donné à travers une danse guidée par une nouvelle recherche.
L’espace de jeu est ouvert, toutes les actions se déplient dans l'extrême visibilité, les danseurs se métamorphosent devant les yeux du spectateur, qui vit l'émotion d'une continuelle transformation en direct.
Tout au long du spectacle, se jouent les différents modes de la vie des hommes, proies et chasseurs, solitaires et solidaires, détruits par la haine, reconstruits par l'amour. L'innocence, le grotesque, tempèrent le drame.
L'élan romantique est cassé par l'introduction d'une gestuelle mécanique.
Production : Château de Grignan Chorégraphie : Gaetano Battezzato, Marina Blandini Interprètes : Gaetano Battezzato, Marie-Zénobie Harlay Musique : Gaetano Battezzato, Marina Blandini Lumière : Guy Simard Scénographie : Gaetano Battezzato Costumes : Gaetano Battezzato, Marina Blandini
Articles de presse
Une âme, un souffle
Une main qui se tend, un regard qui pénètre, et puis s'envole... Tout est si proche, le souffle, le geste, la puissance du corps et son abandon. C'est sur une toute petite scène de 2 mètres sur 2 que dansent Marie Zénobie Harlay et Gaetano Battezzato dans « Métamorphose » création du Teatri del Vento et droit dans les yeux du public. Pas de fard ni d'esbrouffe dans cette chorégraphie que Gaetano Battezzato lui même signe avec Marina Blandini, mais la recherche de quelque chose d'absolu, de sacré, un chant lyrique l'accompagne merveilleusement dans l'expression du corps et son rapport au monde. Danseurs, marionnettes ? Les corps ce cherchent et s'affrontent comme en duel. Ils se testent du bout de l'objet, tige de bois ou de métal, se manipulent se sculptent eux-mêmes, sursauts de violence et de fragilité mêlées, et le mouvement respire, majestueux. Geste brisé, corps dans toute son amplitude, le va et vient est permanent, jusque dans ces costumes que les danseurs enfilent l'un après l'autre, comme on change d'humeur.
« Métamorphose » est une danse de l'intérieur (comme la beauté), construite en tableaux vivants rythmés sur cet espace réduit. Où, à l'étonnante performance technique (Marie Zénobie Harlay et Gaetano Battezzato sont superbes) répond un supplément d'âme qui fait tout. Et quand homme et femme se retrouvent, à travers le cadre du miroir, on retient son souffle. Un instant de grâce est passé.
« Métamorphose » ce vendredi soir encore, à 20h30 salle du Conclave-du-Palais-Rihour à Lille Dimanche à 16h30 au Musée des Beaux-arts de Tourcoing. Danse à Lille 03 28 52 42 42
Danse à Lille et Tourcoing
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Danse : ce soir Saint-André accueille Teatri del Vento
« Métamorphose » en duo
Fidèle à la mission qu'il s'est choisi d'aiguiser les appétits en chorégraphie contemporaine, Rieul Latchoumy a convié une compagnie qui sort de l'ordinaire pour clôturer la saga des spectacles de l'année. Celle que gèrent de concer à Montélimar le Sicilien Gaetano Battezzato et l'Italienne Marina Blandini.
Sous l'intitulé « Théâtre du vent » pourrait se nicher quelque troupe prônant l'éphémère, la légèreté de l'être ou le dépouillement. La Compagnie italienne en réalité recèle de solides concepts d'artisans du mouvement, catégorie orfèvres, dont les talents ont déjà été repérés dans la cour des grands depuis quatre ou cinq ans que sa stratégie danse et vidéo défie « il vento ». Gaetano est plasticien. Sculpteur plus précisément, diplômé des Beaux-Arts ou de leur équivalent à Catane, dans son île natale. Un jour, par curiosité, il suit un ami dans l'école de danse qu'il fréquente et éprouve l'envie d'essayer lui aussi. « Séduit ? Oui ! Au point qu'en quelques mois, je me suis retrouvé dans un groupe expérimental, hériter des tentatives théâtrales des années 70 où s'est immiscé la danse classique. D'où un mélange de pratiques artistiques aboutissant à la formation d'un trio avec lequel nous avons remporté le premier prix au concours de Bagnolet. Ensuite, j'ai dansé en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis... jusqu'à ce que je rencontre Marina Blandini. Danseuse et vidéaste. Ensemble, nous avons créé la compagnie et enchaîné, depuis huit ans, une douzaine de créations. » explique Gaetano dont le responsable de la salle Guy-Alphonsine a pu apprécier le travail au sein de festivals, comme les Hivernales d'Avignon. Une cité qui a notamment convié Teatri del Vento dans « le Vif du Sujet » du In en 1998.
Échange de mots et de peaux
Marie Zénobie a rejoint ces pourfendeurs de vent et leur équipée il y a quatre ans. Le fruit d'une rencontre avec Marina lors d'une formation au diplôme d'État. « J'avais enchaîné huit années de classique puis trois ans de contemporain au conservatoire avant de transiter chez Régine Chopinot, au Ballet Atlantique. Des structures un peu trop imposantes pour mon tempérament. J'avais plutôt envie de prendre des chemins de traverse; d'où ma venue à la Réunion, chez Yun. « Filles d'Eva », « Couleurs de femmes », spectacles pour enfants, sensibilisation en mileu scolaire... C'était en 96-97. Ensuite j'ai rejoint une compagnie lyonnaise, à la recherche, en réalité, d'un chorégraphe dont l'univers puisse me donner l'occasion de me confronter à des éléments de force, de vraie énergie. J'ai ressenti tout ça quand j'ai vue Marina. Intuition, feeling, vérifiés en rencontrant Gaetano. J'étais partante pour l'aventure. Nous avons déjà partagé beaucoup de projets, de créations où j'ai trouvé la notion d'engagement personnel qui m'attirait pour vivre cet art en tant qu'interprète ». Et on travaille comment dans ce théâtre, avec ou contre le vent ? « Avec des personnes qui peuvent suggérer. Avec un échange de paroles. C'est ça mon sens de la chorégraphie. Je déteste le mouvement d'ensemble, le groupe, même si j'ai éprouvé comme d'autres le plaisir à le faire. Mais idéologiquement je suis contre. Je sens qu'il est important de donner dans la danse la richesse de chaque individualité », explique Gaetano qui ajoute « La compagnie ? C'est un zoo où chaque pensionnaire, différent, porte son caractère sauvage. Plus ou moins consciemment, nous sommes dans cette recherche des pulsions de base, d'une force incroyable ! On travaille sur les opposés. Métamorphose, c'est la dualité homme-femme et surtout le combat qui se livre entre les deux parties dont chacun est fait. Un spectacle construit sur les cycles, une alternance de dons, de reprises... un transfert d'énergies aussi. Épuisant mais énergisant... En tout cas on sort de ces métamorphoses... différents ! »
Marine
Le Journal de l'Île – La Réunion Samedi 23 novembre 2002
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