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Par delà Terres et Mers
Le ciel accompagne les voyageurs solitaires, il répond à qui sait lire sa transparence. Tous les dieux, tous les héros vivent en nous, tel est le thème de départ de cette chorégraphie d‘images articulée autour du dialogue continuel entre danse filmées, projetées sur trois écrans géants, et danses sur scène.
Dans l’obscurité les corps sont comme en voyage, ils avancent, légers et mobiles, inconsistants comme une lumière dans la nuit.
Des corps en continuelle transhumance entre ombre et lumière, entre réel et virtuel, entre mythes et quotidienneté, entre le soi et l’autre, à la recherche d’un ailleurs qui n’est jamais atteint. Un voyage infini pour atteindre l’Ithaque personnelle.
Production : Les hivernales d’Avignon, Teatro di Messina Chorégraphie : Gaetano Battezzato, Marina Blandini Interprètes : Gaetano battezzato, Nathalie Baldo, Eric Domeneghetti, Audrey Perin-Vindt, Giovanna Velardi Musique : Gaetano Battezzato, Marina Blandini Lumière : Guy Simard
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« À la croisée des chemins artistiques »
Marier une chorégraphie dynamique, des musiques du monde variées et des images vidéo, telle était l'ambition de la Cie Teatri del Vento à l'Opéra de Lille avec sa création « Par-delà terres et mers ». Invitation au voyage. La richesse et la variété du spectacle étant renforcée par la diversité des origines des cinq danseurs présents sur scène. Le résultat de si précieux mélanges n'est pas surprenant : on trouve de tout. Des moments de grâce, notamment lorsque les deux danseurs masculins se soutiennent et se portent alternativement, où lors de la très réussie première rencontre entre homme et femme. La violence et de la détresse, mais néanmoins des performances physiques à l'expressionnisme trop souvent inintelligible. Chacun des cinq danseurs se distingue dans ses geste et ses attitudes, mais bien souvent la personnalisation tourne à l'excès, tant les sollicitations, qui proviennent aussi des trois écrans vidéo, sont nombreuses pour le spectateur. On savoure alors le spectacle si on parvient à morceler son attention, à vivre l'instant sans considérer ni l'avant ni l'après. Dès lors, les tableaux se succèdent avec plus ou moins de réussite.
Difficile pourtant d'imaginer que rien ne se cache derrière certaines compositions dissonantes à l'excès. Mais il faut toujours se garder de recourir à l'interprétation. De la même manière, mieux vaut éviter de chercher le rapport entre les images projetées à l'identique sur trois écrans sagement alignés et la chorégraphie des danseurs pour mieux se laisser aller au voyage. L'audience avertie semble se laisser prendre, mais joue d'autorité la scène la plus amusante : après au total 50 minutes de spectacle, rares sont en effet ceux qui ont délibérément quitté la salle : il a bien fallu un quart d'heure pour que la certitude de la finitude s'empare de tous.
Nord éclair, Jeudi 15 janvier 2001 Danse à Lille
Christophe Noël |