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REPETITION D'UN ENVOL

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Répétition d'un envol

« Mani Marina Blandini et Gaetano Battezzato poursuivent une recherche singulière autour de la musicalité du corps. Chacun possède une solide formation dans les arts-plastiques, le premier étant sculpteur et la seconde vidéaste, ce qui donne à leur travail cette couleur si particulière.

A la fois onirique et plastique, leur univers nous entraîne dans une atmosphère chargée de poésie où les corps son poussés à l'extrême limite de leurs possibilités. A la fois construite de tension et de douceur, la danse des deux italiens se déploie comme un goéland qui prendrait son envol. […]


Un propos sur le renouvellement, l'élévation qui devrait permettre aux deux chorégraphes de prouver qu'ils font partie des créateurs actuels les plus curieux et les plus étonnants de la région. »

Gallia Valette-Pilenko


Production :
Théâtre de la Presle de Romans
Chorégraphie :
Gaetano Battezzato, Marina Blandini
Interprètes :
Gaetano Battezzato, Marie-Zénobie Harlay, Laure Leguet,
Giovanna Velardi, Giuliano Pepparini
Musiciens live du Quatuor Debussy
Musique
: D. Shostacovitch
Lumière :
Guy Simard
Scénographie :
Gaetano Battezzato, Marina Blandini

 

Articles de presse

Mani Marina BLANDINI et Gaetano BATTEZZATO se sont installés au fond de la Drôme pour concevoir leurs images oniriques et poétiques. Dans « Répétition d'un envol », comme dans leur pièce précédente, la seul chose qui intéresse les deux chorégraphes, c'est le corps. Corps sur le sol corps dans l'air corps qui se frotte à un autre corps. Évidemment, la représentation plastique n'est jamais loin puisque les deux artistes ont une formation plastique, l'une étant vidéaste et l'autre sculpteur. Aussi un grand soin est apporté à la lumière, même si le décor est réduit à sa plus simple expression. Ça commence très fort avec une gestuelle tout à fait singulière, fluide et belle qui fait écho à la musique interprétée par le quatuor Debussy. Les corps s'enroulent les uns sur les autres, formant des sculptures d'humains hybrides.

Les Saisons de laDanse, mars 2000
Teatri del Vento par Gallia LALETTE-PILENNO

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« L'émotion à bras le corps »

La dernière création de la Compagnie Teatri del Vento, « Répétitions d'un envol », associe musique et danse dans un festival d'émotions où le geste constitue un véritable langage. Une succession de tableaux puissamment poétiques, avec la prestation exceptionnelle du danseur étoile Juliano PEPARANI.

Lorsque le spectateur descend les escaliers de la salle des Cordeliers pour s'installer, il découvre les danseurs déjà installés. Une fille est suspendue au dessus du sol comme une marionnette en attente de son manipulateur. Un garçon, assis sur un tabouret, regarde au moyen de jumelles un autre personnage. Affublé d'oreilles démesurées, il est celui qui voit, celui qui entend. Un parfum indéfinissable semble accompagner la fumée impalpable qui plane dans la salle. Les musiciens du quatuor Debussy, installés sur une estrade sur la gauche de la scène, montrent leur profil et regardent les danseurs.
Une fois le public installé, le violoncelle entame une pièce en solo : « Dancing letters » de SCHNITTKE. Les danseurs s'animent alors et se lancent à corps perdu dans une chorégraphie ponctuée d'images fortes qui doivent beaucoup à la création lumières du canadien Guy SIMARD.
Le sol de la scène est parfois quadrillé d'un jeu de lumière bleue ou rouge. Parfois monochrome. « L'énergie court comme un cheval sans rênes, emmenée par les désirs qui bondissent à l'improviste, toujours différents. Ils sont comme les effigies, infinies, les mille masques du dieu Protée ». Cette citation, tirée du programme, donne un aperçu du fil directeur du spectacle : l'énergie sous toutes ses formes, et peut être au delà, la vie qu'elle génère avec ses soubresauts et ses accidents. D'où les fils qui retiennent la danseuse et la privent de sa liberté de mouvements. Ou bien la course à perdre haleine, qui rappelle le précédent spectacle, « Corpo corpo ». Il y a aussi les combinaisons de plusieurs corps; qui s'affrontent comme s'ils ne faisaient plus qu'une seule entité étrange et mouvante. Le personnage aux oreilles démesurées les arrache dans un geste de rébellion.
Comme s'il voulait redevenir lui-même ou bien un être plus équilibré. Il prend un poupon à qui il montre la salle et recommence plusieurs fois tout en lui enlevant progressivement les bras et les jambes. Cet accès de violence constitue presque une exception dans le spectacle : le mouvement peut y être saccadé, répétitif, il n'est jamais avilissant, jamais hors propos. La prestation, en solo plus particulièrement, de Juliano PEPARANI, le démontre bien. Ce danseur est l'un des plus polyvalents de sa génération. Il a été danseur étoile chez Roland PETIT. On sent dans sa technique qu'il est passé par le classique, mais aussi par le hip hop et d'autres pratiques : sa souplesse étourdissante le dispute à son agilité.

L'utilisation de grands voiles blancs justifie l'utilisation de la salle des Cordeliers : les effets sont réussis, bien que les danseurs soient un peu loin. Une grande magie se dégage du moment à la danseuse aux cheveux longs prend à bout de bras ce grand voile de satin blanc où sont projetés des extraits du spectacle. Le tableau final réunit les musiciens, sur scène, au milieu des danseurs, comme s'il s'agissait d'un instantané avant un envol...

Ce spectacle sera également donné à Valence, au Bel Image, les 26 et 27 janvier prochains.

Eric VALLA

Le Dauphiné Libéré
Vendredi 21 janvier 2000

 


 

 teatri del vento
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