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Hanami_2008
Juste l'essentiel
Énigmatique et déroutante pour certains, subtilement déployée en gestuelle limpide et caressante, pour les mêmes, carrément lassante pour six du public, la onzième création de Teatri del Vento – compagnie en résidence à la chapelle de Carmes – a suscité vendredi soir, conversations animées d'après spectacle. Titrée « Hanami » coutume japonaise qui célèbre la première floraison des cerisiers, cette création chorégraphique épurée et intimiste chamboule les repères. En solo sobres et nimbés de fines nuances, les trois danseur poétisent le corps, suggèrent l'essentiel, la fragilité et l'éphémère de l'être.
PulSzmag
A l'auditorium
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Hanami : ultime création en forme de bouquet final
Ce spectacle de fin de résidence se veut léger. La Cie « Teatri del Vento » met un point d'orgue à quatre années de travail à l'Opéra-Théâtre. Avec « Hanami », le nom d'une coutume festive japonaise, Gaetano Battezzato veut de l'émotion pure. Aucun message, si ce n'est celui des corps en mouvement de ses danseurs... Rencontre, à quelques jours de la création.
« La danse est comme une fleur, dont le parfum subtil et la fragilité nous rappelle que l'Homme lui-même est un être éphémère » explique le chorégraphe. Gaetano Battezzato nourrit depuis une quinzaine d'année par une passion discrète pour les cultures orientales. « Jusque là, peut-être, cela ne s'est pas forcément vu dans mon travail » admet-il. Mais pour ce spectacle, le dernier des quatre années de résidence que sa compagnie a vécues à Saint-Étienne, le lien est bien clair. Avec « Hanami » fête de la floraison des cerisiers, c'est un rendez-vous assez inattendu qu'il propose, en plein cœur du moi de décembre. « Il s'agit de plusieurs solos » explique t-il. « Nous sommes quatre danseurs, mais le premier volet -le solo qu'il danse lui - même sera presque invisible... puisqu'il va commencer alors que les spectateurs seront entrain de s'installer... » « Pour cette création, je voulais partir de la technique propre de chacun des solistes, travailler avec eux sur le mouvement, la dynamique. L'inspiration de cette fête très courue au Japon, autour des fleurs m'a plu » poursuit-il. « J'avais envie d'un spectacle sui ne soit PAS politique, qui ne parle ni de la vie des banlieues ni de la guerre en Irak... Juste un moment qui donne à voir des artistes qui dansent, qui vivent ». Pour le chorégraphe, l'actualité et ses drames sont des « accidents », que la vie et la nature surmontent, toujours. « Vivons ! » : voilà en toute simplicité le seul message qu'il demande à ses danseurs, Marie-Zénobie Harley, Steven Berg et Jan Jamrich, de porter avec lui... « Mon seul souci est de proposer, le temps d'une soirée, au spectateur de trouver un lien
avec lui-même » résume Gaetano Battezzato. Intimiste donc, léger discret : « Hanami » tranche franchement avec de précédentes créations, au cœur desquelles résidait une forme de violence crue. Ici, on est plutôt dans l'invitation à la contemplation, avec ces solos qu'émaillent quelques surprises, avec des objets de transition qui font l'unité du spectacle. Côté musique, le chorégraphe fait une nouvelle fois appel à Olivier Mutschler (aka Mush), au Canadien John Oswald, à John Cage, ou à Morton Feldman. Des partitions pas forcément toujours faciles d'accès... « Je suis vraiment adepte des « musique du silence » glisse le chorégraphe. Un goût pour l'épuré qui laisse une grande liberté aux danseurs, et surtout une grande liberté au spectateur pour aller à sa propre rencontre... Les occasions ne sont pas si fréquentes !
Subtilité, finesse, épure... pas d'autre message que celui de vivre !
Alain Le Tirilly
Opéra-Théâtre
Mercredi 10 décembre 2008
Création à l'Opéra-Théâtre
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